journaldelacomedie

Yvon Bobinet, photographe exposé aux Boutographies

In interview, Photographie on 23 avril 2010 at 8 h 57 min

Les Sept Péchés Vertueux d'Yvon Bobinet

Dans le cadre des Boutographies, festival de photographie sur Montpellier, nous vous proposons de vous faire découvrir  les artistes qui seront exposés du 8 au 23 mai 2010.

Aujourd’hui, Yvon Bobinet, professeur d’art plastique et photographe aguerri, travaille depuis plus de 20 ans sur l’image binoculaire. A noter que ses photos seront visibles en relief et des lunettes seront mises à disposition afin de découvrir ses œuvres pleinement.

1- Pouvez-vous vous présenter?

Yvon Bobinet: J’habite Nantes où j’ai obtenu le Diplôme des Beaux-arts en 1980 et où j’ai enseigné les arts appliqués dans un  lycée professionnel de l’Éducation Nationale. Parallèlement à mon activité professionnelle, j’ai toujours eu une pratique artistique, liée à l’image stéréoscopique. J’ai tout d’abord travaillé en photo « traditionnelle », puis depuis 2000 environ, je suis passé au « tout numérique », de la prise de vue jusqu’à l’impression, en passant bien sûr par les manipulations. Depuis trois ans, je me consacre entièrement à mon art, et évidemment, je trouve ça pas mal !

2- Vous serez au Festival des Boutographies cette année en nous présentant une série de photographies appelée «Les Sept Péchés Vertueux». Qu’avez vous voulu reproduire dans cette série de photographies?

Yvon Bobinet: Mon travail tourne toujours autour de l’Humain. Il se présente aussi toujours sous forme de mises en scène, un peu à la manière d’un théâtre. Ici, à côté de certaines certitudes énoncées, j’ai voulu poser des questionnements. Ne pas affirmer, suggérer. Ainsi, en prenant à contre-pied les Péchés Capitaux contenus dans la Bible, j’ai parlé de Sept  Péchés « Vertueux ». C’est évidemment un jeu, un prétexte à nous questionner. Je crois que c’est cela le travail de l’artiste: apporter de façon sensible le questionnement.

3- Qu’est ce que représente pour vous les Boutographies?

Yvon Bobinet: Pour un artiste comme moi, une chance formidable de montrer mon travail à un public élargi et peut-être aussi au « monde de l’art ». Une occasion de mettre en avant un domaine, celui de l’espace binoculaire, laissé vacant, ou presque ,
par les artistes.

4- Vous travaillez sur l’image binoculaire, pouvez vous expliquer ce que c’est?

Yvon Bobinet: L’image binoculaire est une image qui propose un espace virtuel, mental, qui repose sur le fait que notre cerveau, en fusionnant les images de chaque œil (différentes l’une de l’autre) donne une perception de l’espace très caractéristique, propre à ce principe. Mais il faut tout de suite dire que cette perception spatiale n’est pas proche de celle de la « vie réelle », contrairement à ce qu’on entend ici et là. Disons qu’elle est particulière, et c’est justement cette particularité qui la rend intéressante pour moi, en tant qu’artiste. Il y a plusieurs techniques pour fabriquer de telles images. Personnellement je travaille sur les anaglyphes (images droite et gauche superposées), car la vision brouillée de l’image (sans les lunette filtrantes) enrichit celle-ci. Juste un mot pour rajouter qu’on considère souvent ce procédé comme vieillot. Je rappelle qu’il est plus récent que la photographie, et on n’a jamais prétendu que cette dernière était dépassée. En fait, comme la photographie, l’image dite « en relief » met du temps, pour un certain nombre de raisons, à s’exprimer dans le champ artistique. Mais cela viendra, peut-être avec l’apport des nouvelles technologies. Mais rassurons-nous : il y aura toujours des artistes pour faire parler l’aquarelle !

5- De la conception initiale au tirage photo, combien de temps vous a été nécessaire à la réalisation de ce projet photographique?

Yvon Bobinet: Cette série m’a demandé quasiment deux ans de travail. J’ai dû résoudre certains problèmes techniques (liés notamment à la vue en plongée) et aussi élaborer un protocole et m’y tenir. Cela rend le travail plus contraignant, mais je pense que par ailleurs cela l’enrichit.

6- Comment donne-t-on un nom a une série de photo ?

Yvon Bobinet: Mon travail est en fait très écrit. Dès le début, je note beaucoup de choses que j’essaie ensuite de faire coexister. J’accorde beaucoup de soin au titre des œuvres ou des séries. Ceux-ci me donnent un cap, un cadre de travail. Je connais déjà le titre de la série sur laquelle je commence à travailler.

7- Qu’est ce qui rend une photo unique à vos yeux?

Yvon Bobinet: Contrairement à la peinture par exemple, la photo en tant que support matériel peut être multiple. et pourtant, comme un livre imprimé, il y a en elle quelque chose qui peut parfois la rendre unique . Ce doit être son âme.

8- Quel conseil donneriez vous a un débutant?

Yvon Bobinet: Oh la la ! En tant qu’enseignant, comme père, j’avais l’habitude de dire aux jeunes : « il faut faire »… Le conseil vaut ce qu’il vaut !

Le Journal de la Comédie tient à remercier Yvon Bobinet pour sa chaleureuse participation.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :