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Lucile Chombart de Lauwe, De nuit!

In Festival, interview, Photographie on 4 mai 2010 at 8 h 46 min
Lucile Chombart de Lauwe "De nuit"

Lucile Chombart de Lauwe "De nuit"

Un bouillon d’initiative, une vivacité débordante, un insatiable désir de faire toujours plus et bien, surtout. Dans ses images, Lucile Chombart de Lauwe est pourtant étonnamment structurée. Avec toujours en ligne de mire le besoin de montrer l’Homme dans son Environnement. Mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi des couleurs, une voluptueuse douceur qui entoure ses sujets, souvent durs. La nuit. La rue. Le travail. Traiter le quotidien sans le manipuler mais en le dévoilant avec pudeur et véracité, voilà comment la toute jeune photographe travaille.

Lucile Chombart de Lauwe est une des dernière arrivées au Bar Floréal, mais aussi la plus jeune de la bande. Mais elle a déjà côtoyé le monde du collectif en participant au projet Europehophop de l’association « On cherche toujours ». Depuis ses premières images, elle met un coup de projecteur sur le travail des Hommes. Sa série «de nuit», axée sur le travail de nuit en France et en Belgique, réalisée tout au long de ses études à l’École de Photographie d’Arles, témoigne de sa prise de position.

Pas seulement photographe, Lucile a voyagé, beaucoup, et a animé la vie de nombreux hommes et femmes de tous âges en agissant avec eux : 115, Emmaüs, orphelinats, handicap… l’Homme dans son quotidien, dans sa souffrance et son bonheur, l’Homme qui vit et celui qu’elle côtoie.

Le voyage, les rencontres, ce sont eux qui l’ont construite. Entre Paris, Arles, Pékin, l’Inde, La Mongolie, l’Allemagne, la Roumanie… le regard reste toujours aussi ouvert.

Et cela ne fait que commencer.

« la nuit nous rend un peu étranger à notre propre environnement. »

1- Vous serez au Festival des Boutographies cette année en nous présentant une série de photographies appelée «de nuit». Qu’avez-vous voulu reproduire dans cette série de photographies?

Cette série est axée sur le travail de nuit et surtout les travailleurs, la nuit. Le poids que cela peut induire. La solitude que cela peut engendrer. Cet univers dans lequel ils évoluent, vivent. J’avais envie quelque part d’une mise en avant de cette « minorité », que l’on ne voit pas, ou très peu. Ils touchent pourtant quasiment tous les domaines.

2- Qu’est ce que représentent pour vous les Boutographies?

Je vois ce festival comme l’opportunité, pour de jeunes ou moins jeunes photographes de rendre visible un travail qui l’a peu ou pas été.
J’aime l’aspect « festival », les rencontres avec d’autres photographes, le ou les publics, avec des personnes qui s’intéressent à la photographie d’une manière générale, ou simplement qui sont curieux. J’apprécie également son ouverture vers un public de lycéens.

3- De la conception initiale au tirage photo, combien de temps vous a été nécessaire à la réalisation de ce projet photographique?

J’avais réalisé un premier documentaire vidéo de quelques minutes sur le travail de nuit, avec les incompréhensions entre équipe de jour et équipe de nuit au SAMU SOCIAL. Puis des interviews des balayeurs du métro qui travaillent la nuit en hiver 2007. Cette problématique me préoccupait et quelques mois plus tard j’ai décidé d’en faire une série de photographies. Je la voyait en premier lieu sous la forme d’un livre. Au fur et à mesure certaines s’en sont extraites pour former la série présente aujourd’hui à Montpellier. Pour le travail photographique en tant que tel cela m’a pris presque trois ans.

4- Que représente pour vous la nuit?

La nuit est un univers à part entière, avec ses propres lois. Le rapport aux autres est différent, le rapport aux choses aussi. L’atmosphère, la fatigue, l’euphorie parfois ou ce côté angoissant jouent de cela. Notre perception est différente. Le rythme, le temps est différent. Nous sommes des êtres diurnes et la nuit nous rend un peu étranger à notre propre environnement.

5- Qu’est ce qui fait selon vous qu’une photo est unique?

Une photographie « unique », pour moi, est celle qui va vous rester en tête, celle qui reviendra par moment, celle qui vous aura fait réfléchir et touché en même temps. Celle qui vous donnera envie d’en voir plus. Celle qui vous donnera envie de comprendre. Celle qui vous aura appris.

6- Quel conseil donneriez-vous à un débutant?

Je me considère moi même comme très jeune photographe. Il m’est donc difficile de donner des conseils. Cependant je crois qu’une chose est importante : avoir un sujet, une idée, une envie qui vous travaille, une route que l’on a réellement envie de suivre, et ensuite aller jusqu’au bout.

7- Pour conclure, le jour vous fait-il peur puisque c’est la nuit que vous figez sur vos photos?

La nuit, c’est le contexte, c’est ce qui induit la problématique même du travail de nuit. C’est elle qui isole et qui décale par rapport au jour.
Je ne travaille pas que sur « la nuit », qui peut revêtir plusieurs aspects différents. J’ai également réalisé des travaux en plein jour, notamment une série de portraits et de témoignages axés sur le rapport entre les problématiques de vie et de travail (anciens mineurs, chômeurs de longue durée, futurs licenciés, compagnons Emmäus…).

Nous tenions particulièrement à remercier Lucile Chombart de Lauwe pour sa disponibilité, sa rapidité et son enthousiasme. Vous pouvez retrouver toute son actualité sur son site web http://www.lucile-chombartdelauwe.com/ et bien entendu, son travail sera exposé au festival des Boutographies du 8 au 21 mai 2010  à Montpellier.

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