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Nicolas Marquet expose pour le Festiv’All de la Lesbian & Gay Pride à Montpellier

In Art, Exposition, Festival, interview, Uncategorized on 27 mai 2010 at 12 h 42 min
Oeuvre de Nicolas Marquet

Oeuvre de Nicolas Marquet

Pour cette nouvelle édition du Festiv’All de la Lesbian & Gay Pride de Montpellier, le Journal de la Comédie a eu l’immense plaisir de rencontrer Nicolas Marquet, jeune artiste contemporain en plein essor.

Son travail atypique étonne, amuse, choque et malmène parfois, mais sans nul doute attise la curiosité. Face à des univers qui se mélangent, que le spectateur doit aller chercher en goûtant visuellement à des textures diverses et colorées, on ne peut rester sans émotions… Qu’elle plaise ou ne déplaise, Le Journal de la Comédie  vous invite à découvrir cette exposition!

Pouvez-vous nous dire qui est Nicolas Marquet ?

J’ai 29 ans et suis originaire de l’Isère, mais Montpelliérain d’adoption depuis l’âge de douze ans. Mes deux passions dans la vie sont les plantes et les arts plastiques et je travaille ces domaines depuis toujours.

J’ai toujours créé pour moi, pour satisfaire un besoin personnel, et je suis aujourd’hui assez sûr de mon travail pour le montrer. C’est une nécessité de pouvoir explorer, interroger, des problématiques du monde contemporain au travers de médiums graphiques, plastiques. Mettre son travail au « service de l’autre » en l’exposant, est pour moi la définition de l’artiste plasticien.

"Which road to take now" oeuvre de Nicolas Marquet

"Which road to take now" oeuvre de Nicolas Marquet

Quel a été votre parcours ?

Du fait de ma passion pour les arts plastiques, j’ai orienté mes choix scolaires vers ce domaine, avec une année à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier, qui m’a permis de me rendre compte qu’au-delà de la recherche technique, je n’étudiais pas de problématique particulière, et donc mon travail me paraissait vide de sens.  En fait cette année aux Beaux-Arts m’a permis de vraiment m’ouvrir aux arts contemporains et de me rendre compte que la technique ne suffit pas, et qu’on avait la possibilité de dire des choses et défendre des idées au travers de l’art, qu’il y avait plein de choses à explorer, des idées politiques, des idées liées à l’intime, qui touchent vraiment à l’Humain, aux problèmes de société.

L’art dans ce sens permet de soulever des questions, pas d’y répondre, mais permet d’ouvrir à la réflexion.

Par la suite j’ai eu besoin de l’enseignement proposé par la faculté, et me suis inscris en cursus d’Arts Plastiques à l’université de Montpellier III. J’étais intéressé d’approfondir la théorie et ai compris que l’histoire de l’art est directement liée à l’Histoire. Étudier les parcours d’artistes reconnus m’a permis de mieux comprendre le sens de leur travail, lié à un contexte. De ce fait, j’ai pu explorer et cibler les problématiques qui m’intéressent.

Je travaille en autodidacte depuis 5 ans et ai participé au 6ème salon d’Art Contemporain de Montpellier en 2008, organisé par l’association « Elan d’Art » ce qui m’a permis ensuite d’exposer mon travail dans la galerie du Baloard à Montpellier et de participer au festival « Rien à voir » organisé par l’association « Art collective », en proposant pour la première fois une performance dans laquelle je me mets en scène.

Les rencontres avec d’autres artistes, pas seulement plasticiens mais aussi entre autres danseurs et musiciens, m’ont permis d’élargir mon travail avec des installations plastiques pour performances danse/audiovisuelles, notamment au sein des rencontres « Hors-Lits » proposées par Leonardo Montecchia (Cie de « La Mentira »).

Comment s’est présentée l’occasion d’exposer pour la L&G Pride de Montpellier ?

Lors de mon exposition en octobre 2009 au Baloard, j’ai croisé une connaissance qui s’est avérée faire partie de l’association organisatrice de la manifestation, et qui m’a proposé de les accompagner avec mes œuvres en les exposant à la salle Pétrarque.

oeuvre de Nicolas Marquet

oeuvre de Nicolas Marquet

Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Une grande satisfaction de pouvoir partager mon travail !!! Je suis très heureux et touché de pouvoir participer à une telle manifestation en prenant acte à travers mes œuvres.

Quels supports et matériaux travaillez-vous et pourquoi ?

J’utilise toutes sortes de matériaux, je n’en ai pas forcément un de prédilection, j’ai un petit faible pour tout ce qui se rapporte au culte, les icônes religieuses. Mes supports vont passer du contre-plaqué à l’agglo et aux châssis entoilés ; je fais beaucoup de récupération, transformation et assemblages d’objets du quotidien, d’apparence assez banale qui se parlent et se répondent, qui nous renvoient à nous et aux autres.

J’utilise aussi la peinture, crayons, feutres, stylos ainsi que des collages de papiers, tissus et articles de journaux,…

Je ne sais jamais à l’avance vers quelle œuvre ces objets vont m’emmener, ils ont tous une signification pour moi, me renvoient à un vécu personnel ou commun.

Pouvez-vous nous parler de certaines de vos œuvres préférées?

Oui, par exemple une œuvre que j’ai appelée « Which road to take now », qui se compose d’un vieux crâne de renne, d’un nez rouge, d’une boule à facette et d’un colibri en plastique ! C’est en référence au conte de noël dans lequel Rudolph, qui est un renne au nez rouge lumineux, guide le traîneau du Père Noël à travers la brume et le brouillard grâce à la lumière projetée par son nez. J’ai tué Rudolph (rires), le guide est mort !

A la manière d’un trophée, le crâne s’expose au mur, son nez rouge n’éclaire plus, et la boule à facette dont il est affublé nous renvoie à de multiples directions, alors quel chemin prendre maintenant ?

Sinon, j’utilise des judas dans la plupart de mes travaux pour plusieurs raisons. C’est comme un sas, on passe du réel commun à une autre réalité, et inversement. Je trouve aussi intéressante la notion de voir sans être vu, et la distorsion et déformation de l’espace que le judas apporte.

Pour « Besa me mucho », j’utilise une cage, des fleurs en plastique et une icône de Sainte Rita patronne des causes désespérées, que l’on voit au premier regard. Un judas se trouve au centre de l’installation, le spectateur pénètre alors l’œuvre du regard et il découvre deux soldats en position équivoque face à une main semblant venue du ciel… Mais j’en ai déjà trop dit, la surprise fait partie intégrante de l’œuvre.

"Besa me mucho" de Nicolas Marquet

"Besa me mucho" de Nicolas Marquet

Quels messages souhaitez-vous transmettre au travers de vos œuvres ?

Mes œuvres sont ludiques, je ne donne pas les clefs au premier regard, il faut aller chercher ce qu’il se passe à l’intérieur, et chercher à voir toujours plus loin, au-delà de ce qui est visible. J’aimerai qu’avec cette interaction, entre « l’objet » et le spectateur, on soit amené à comprendre que la surface ne dévoile pas tout.

Sur la série des cages d’escaliers, l’importance du lieu n’est pas moindre puisqu’il est commun, quelqu’un habite au bout du couloir, il regarde peut-être même à travers son propre judas. On est projeté dans une réalité commune. Derrière ces portes il y a d’autres espaces. A  travers le judas on se rend compte de l’autre.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Je vais continuer de travailler avec la compagnie de « La Mentira » sur les « Hors-Lits », et je prépare le prochain salon d’art contemporain de Montpellier, avec une série de moulages.

Actuellement je travaille à la production d’une œuvre pour « les Journées de l’Art » mi-juin, organisées par l’association « Art et Culture Méditerranée» et je continue bien évidemment de produire dans mon atelier.

Propos recueillis par Alexia Lynch.

Nous tenons particulièrement à remercier Nicolas Marquet pour sa gentillesse et sa disponibilité. Ses oeuvres seront exposées à la salle Pétrarque de Montpellier à partir du 28 mai 2010, et durant tout le festival.

Retrouvez les évènements de la L&G Pride de Montpellier à cette adresse: http://www.montpelliergay.com/

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